Il éteint la lumière et quitte la pièce, me laissant seul au pied du lit où je me suis couché en toute discrétion tout à l’heure. Dehors, le vent souffle et entre dans la pièce en sifflant sous la fenêtre. Je suis tranquille, confortablement installé sur la couette, je n’ai pas du tout l’intention de changer de place. J’espère bien qu’il va me permettre de rester là où je suis, bien au chaud.
Ah ! oui, j’ai oublié de me présenter : je m’appelle Virus, je suis un gros chat européen et je vis dans un appartement avec mes jeunes maîtres. Lui, il est laborantin à l’hôpital (une explication à mon nom de baptême, sans doute !) ; est donc minutieux et il n’apprécie pas beaucoup que je reste toute la journée, ramassé en boule au pied de leur lit. Donc, s’il me voit là, avant de quitter la pièce, il me chasse vers le salon où j’ai mon panier que je fréquente peu : moins confortable, complètement aseptisé, sans la bonne odeur de ma maîtresse tant aimée…( elle est esthéticienne)
Ce jour-là, soit par distraction, soit dans un élan de bienveillance exceptionnelle, après avoir éteint la lumière, il passa dans le couloir et ferma la porte lentement. J’avais droit à la chambre, au moelleux de la couette et… je n’ai pas peur du noir !
J’allais pouvoir dormir sans risquer de me voir bousculé par leurs allées et venues. L’aspirateur qui ramassait consciencieusement les poils que j’abandonne volontiers sur le canapé ou sur le tapis n’allait pas me corner aux oreilles.. J’allais rêver tout mon saoul de souris ou d’oiseaux ; bien meilleurs que les croquettes qui font mon quotidien.
Je réfrénai mon ronron de satisfaction pour ne pas trahir ma présence et je m’endormis
**consigne : commencer 1) par Il éteint la lumière 2 ) il ferma lentement la porte
mots à insérrer :fenêtre, vent, changer, rester, ramasser, corné, dehors.