Lorsque les heures claires et les soirs se succèdent, que les flammes hautes de l’astre solaire ont disparu, alors sur les bords de route, défilent, pareilles à des ombres maléfiques, les moines de l’abbaye du Malin, portant les flambeaux noirs de Satan, déployant la multiple splendeur des forces du mal.
Les douze mois de l’année, ils célèbrent à travers les campagnes hallucinées des villages illusoires les forces tumultueuses des êtres de l’ombre et des ténèbres. Ils prônent les débâcles parmi les villes tentaculaires et se déplacent sur les ailes rouges de la guerre. Ils sillonnent ainsi toute la Flandre, piétinant les blés mouvants, préférant les heures d’après midi pour matraquer les visages de la vie.
Ils ne sont pas encore parvenus dans les vignes de ma muraille ; je ne les compte pas non
plus parmi les apparus de mes chemins. Jusqu’à quand ?
** Jusqu'à ce jour, pour moi, Verhaeren était plutôt un poète "soft". Voilà ce que j'ai imaginé à partir de quinze titres de ses poèmes, pour Ecriture Ludique ( sur une idéed'Isa)